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3ème bougie, 3ème étape : Esaïe

Il n’est pas toujours facile d’être un prophète, vraiment pas facile. D’autres avant Esaïe s’y sont essayés et ils n’ont pu que constater que ce peuple que Dieu s’est choisi et qu’il chérit comme son enfant, ce petit peuple est bien le même depuis la sortie d’Égypte : un peuple à la nuque raide, sacré ramassis de têtes de mules qui a déjà donné bien du mal à Moïse au temps de l’exode…

Et finalement, ce n’est guère mieux pour Esaïe. Il a l’impression de ne pas être écouté, ni même entendu par son peuple. C’est vrai que les temps sont durs et c’est peu de le dire : La puissante armée assyrienne déferle sur son pays comme une marée humaine, ne laissant derrière elle que la ruine et la mort. Que faire ? Rien ne semble pouvoir l’arrêter. Bientôt le pays tout entier est envahi, Jérusalem est tombé, le temple profané…

Faut-il résister, se battre quitte à s’allier au puissant voisin égyptien ? Et si cette défaite était une punition de Dieu parce qu’Israël a tourné le dos à son Dieu ? Et si Dieu s’était détourné de son peuple ? Toutes ces questions tournent et tournent encore dans la tête d’Esaïe, mais il n’entrevoit pas l’ombre d’une réponse. Il souffre de voir son pays détruit, il désespère de voir son peuple massacré ou prisonnier. Il est triste, comme tout son peuple. Il se sent impuissant, désemparé. Et il se sent si seul : il sait que c’est souvent le destin des prophètes d’être seul face au peuple. Les prophètes doivent parfois avoir des paroles dures et sévères, des paroles de mises en garde ou d’avertissement, des paroles que le peuple n’a pas envie d’entendre. Alors souvent les prophètes sont isolés au sein du peuple : respectés, mais craints. Mais là, sa solitude va au-delà de cela… Être seul au sein du peuple, il a l’habitude, mais à cet instant, il a l’impression que Dieu est si loin ! Trop loin pour l’entendre ? Trop loin pour lui parler ? Pour lui dire quoi dire au peuple, à son peuple… Car il doit parler à son peuple désespéré !

Alors Esaïe appelle Dieu à l’aide et Dieu entend. Il n’est pas loin, il est là. Il s’adresse à Esaïe et l’envoie parler à son peuple. C’est vrai Israël n’a pas vécu selon la volonté de Dieu, il a trop souvent oublié Dieu. Leur défaite en est peut-être la conséquence. C’est vrai la défaite va être totale : le pays sera ravagé, le peuple dispersé. L’épreuve ne fait que commencer, mais elle prendra fin. L’Assyrie est puissante, mais seul Dieu est tout-puissant. La défaite d’Israël n’est pas la fin de l’histoire : un jour, une victoire qu’on ne peut obtenir par les armes viendra, car leur Dieu veille toujours sur son peuple comme une mère que ses petits. Et voici ce qu’Il leur promet :

Quelqu’un surgira au sein du peuple et Dieu lui-même l’établira sur le trône du roi David. Un jeune rameau poussera sur le vieux de tronc de Jessé. Il sera roi d’Israël et règnera même sur toute la terre. Il aura la puissance d’un guerrier, mais d’un guerrier de paix. Et alors, il n’y aura plus de bâtons qui soumettent et maltraitent les hommes. On posera les armes, on n’entendra plus parler de violence, car il n’y aura plus de violence. Armes et armures seront jetées au feu, car elles ne serviront plus à rien. Le sang ne coulera plus.

Celui qui doit venir revêtira le manteau royal, signe de sa royauté.
Il sera « conseiller merveilleux », car ses projets seront justes et seront menés à bien, même ceux qui nous semblent impossibles.
Il sera «Dieu fort », car il interviendra pour son peuple avec courage et audace.
Il sera « Père pour toujours», car il prendra soin de son peuple et le mettra à l’abri, pour toujours.
Il sera « Prince de la paix », car il agira avec justice et fera régner la paix.

Esaïe sort de sa tristesse et de sa désespérance pour aller parler à son peuple. Dieu lui a donné la force de ne pas baisser les bras et d’aller parler à son peuple, parler à ce peuple encore et encore, jusqu’à ce qu’il écoute. Alors Esaïe gronde, fait la morale, sermonne son peuple et rappelle qui est Dieu : le Seigneur de l’univers, le Dieu créateur à qui ils doivent tant de choses, le Dieu qui tient parole, le Dieu qui les accompagne depuis le commencement de leur histoire. Et puis Esaïe dit les mots de réconfort et d’espérance que Dieu lui a confiés. Et le peuple a écouté, cela a pris du temps, mais le peuple a écouté… Peu à peu l’espérance s’est faite un chemin dans leurs cœurs et dans leurs vies, une lumière s’est allumée dans leurs obscurités, car ils ont compris qu’ils n’étaient pas seuls face la destruction : Dieu les accompagne, Dieu les soutient et Il a promis d’envoyer un Messie, un sauveur. Ce n’est pas pour aujourd’hui, pour demain peut-être… Dieu seul le sait quand, alors patience ! Patience et confiance, car Dieu est là pour eux : comme il l’a déjà fait, au temps d’Abraham et au temps de Moïse, Il fera ce qu’il promet !

D’autres qu’Esaïe prépareront l’accomplissement qui prendra parfois des chemins inattendus et surprenants. D’autres appelleront le peuple à changer, à se préparer à recevoir le Messie. Un jour… bientôt… une voix criera dans le désert pour appeler le peuple à sortir de rites sclérosés par les habitudes et accueillir celui qui vient au nom du Seigneur… Bientôt…