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Méditation et prière pour le dimanche 8 novembre 2020

Romains 8, 18 à 25

18J’estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas comparables à la gloire que Dieu nous révélera. 19La création entière attend avec impatience le moment où Dieu révélera ses enfants. 20Car la création est tombée sous le pouvoir de forces qui ne mènent à rien, non parce qu’elle l’a voulu elle-même, mais à cause de celui qui l’y a mise. Il y a toutefois une espérance : 21c’est que la création elle-même sera libérée un jour du pouvoir destructeur qui la tient en esclavage et qu’elle aura part à la glorieuse liberté des enfants de Dieu.

22Nous savons, en effet, que maintenant encore, la création entière gémit et souffre comme une femme qui accouche. Elle le fait en solidarité avec nous, 23car ce n’est pas seulement la création qui souffre : nous qui avons déjà l’Esprit saint comme première part des dons que Dieu a promis, nous gémissons aussi intérieurement en attendant que Dieu fasse de nous ses enfants et qu’il délivre nos corps de leurs souffrances.

24Car nous avons été sauvés, mais en espérance seulement. Si l’on voit ce que l’on espère, ce n’est plus de l’espérance : qui donc espérerait encore ce qu’il voit ? 25Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.

Nouvelle Bible en Français Courant

Prédication

Chers frères et sœurs,

Vous y croyez encore à Noël ?

Je ne parle pas de la naissance de Jésus, des mages, des bergers et de toute l’histoire. Je ne parle pas non plus de la venue du Messie dans notre monde. De cette Bonne Nouvelle de l’arrivée du Sauveur ou du Fils de Dieu que nous célébrons chaque année dans quelques semaines ou encore de tout ce qui est théologique dans Noël. Non, je parle tout simplement de la date dans le calendrier. Mais peut-être aurais-je dû poser la question différemment…

Croyez-vous que Noël 2020 sera les 24 et 25 décembre prochains ?

Avec le premier confinement qui nous a empêché de fêter Pâques en début d’année et le reconfinement qui s’impose à nous maintenant, la question n’est pas si irréaliste. Va-t-on pouvoir fêter Noël à l’église, avec nos proches en famille ? Est-ce qu’on pourra aller acheter les cadeaux pour les distribuer à ceux qu’on aime ? Oui, est-ce qu’on croit encore que Noël 2020 sera possible ? Le Père Noël sera-t-il lui aussi confiné à résidence ?

L’inquiétude règne chez beaucoup de monde, et de toute évidence, cela joue sur le moral et le climat ambiant. Le confinement paraît même être une course où l’objectif n’est plus seulement d’éviter des morts et la chute du système hospitalier, mais aussi de pouvoir fêter ce Noël 2020 tant attendu ! Le suspense est à son comble.

Les personnes à qui s’adresse Paul dans ce passage de l’épître aux Romains pourraient être un peu dans la même inquiétude. Il n’est certes pas question de fêter Noël ou d’ouvrir les commerces non essentiels, mais devant les souffrances du monde qu’ils observent, ils se demandent bien si le Royaume viendra un jour ou non. Si la situation qu’ils vivent va s’améliorer ou pas ! Pour nous aujourd’hui, c’est bien la question de la fin de la pandémie. Quand adviendra-t-elle ? Ou encore, adviendra-t-elle seulement ?

Une chose est certaine, la fin de la pandémie ne sera pas notre cadeau de Noël de cette année. Et Paul répond sensiblement la même chose à ses lecteurs : ce n’est pas pour tout de suite, il va falloir attendre encore. « 22Nous savons, en effet, que maintenant encore, la création entière gémit et souffre comme une femme qui accouche. »

La question n’est pas tant de savoir quand le Royaume viendra ou quand nous saurons ou non si nous pouvons fêter Noël comme il se doit cette année, mais davantage comment nous attendons. Qu’est-ce qui nous porte dans cette attente qui est maintenant la nôtre ? Comment vivons-nous cette attente avec toutes les incertitudes actuelles ? Et à ces questions, Paul nous nous encourage et nous invite à nous questionner ou requestionner sur ce qui est tout simplement d’espérer. Qu’est-ce que l’espérance ?

« Si l’on voit ce que l’on espère, ce n’est plus de l’espérance : qui donc espérerait encore ce qu’il voit ? 25Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance. » dit Paul. Une façon de dire et rappeler que l’espérance ne relève pas de la maîtrise. Qu’elle ne peut s’enfermer et qu’elle ne peut exister ou être sans son caractère immatériel et incertain ! C’est justement parce qu’il s’agit de quelque chose qu’on ne peut enfermer qu’elle a toute sa force.

Oui, paradoxalement, avec l’ombre du confinement qui pèse sur Noël 2020, l’attente est d’autant plus forte. L’espoir de pouvoir fêter avec ses proches est d’autant plus fort et important. C’est alors que l’espérance se glisse entre les incertitudes. Et ce que Paul dit, c’est que ce petit espoir, ne pas baisser les bras relève déjà de la foi.

Je sais bien que cette attente peut être difficile à vivre. Les raisons de baisser les bras sont nombreuses. Ces dernières semaines, entre l’épidémie, les monstruosités commises au nom d’idéologies mortifères, la crise économique et les fractures sociales, il y aurait toutes les raisons d’abandonner. Ne pas pouvoir fêter Noël pourra être vécu par beaucoup comme un dernier coup de massue pour cette année 2020. Et ce serait le cas, si on fond de nous, nous abandonnions l’espoir.

Et Paul a bien conscience de cela lorsqu’il s’adresse à ses lecteurs. En aucun cas il ne masque ou refuse la réalité de son monde. Et nous, nous serions bien à plaindre si nous nous voilions la face. Mais Paul rappelle que dans tout ce brouhaha, dans cette attente qui est aussi la nôtre, nous avons déjà reçu une partie du Royaume. Oui, il rappelle que nous avons déjà reçu le don de l’Esprit. Nous sommes déjà sauvés en Jésus-Christ !

Et pour en revenir à mon histoire de calendrier de Noël, cela rejoint les propos de Paul. Il y a eu un Noël où le Christ est venu nous rejoindre en humanité. Ce Noël a été et tous les Noëls suivants ne sont que des rappels.

Conscient de cela, l’attente peut être autre. Elle n’est plus seulement subie, mais elle peut porter en elle aussi un peu de sérénité et de paix. Oui, l’attente n’est pas obligée d’être étouffée par l’angoisse ou quoi que ce soit de négatif. Avec une petite cuillère d’espérance en plus dans la soupe, la saveur est tout autre.

Reste à savoir quelle saveur vous voulez y mettre. Moi je vais y mettre du Noël tous les jours !

Amen.

Benjamin Buchholz

Prière

Promesse de vie

Tout semble aller à l’envers, seigneur.

tu me promets la résurrection

et la gloire de la vie éternelle,

tu me promets un corps spirituel

et la grande liberté des enfants de Dieu.

Et voici que mon corps s’alourdit

et perd de son éclat,

voici que je m’essouffle

et que je suis de plus en plus cloué au sol,

voici que mon esprit s’alourdit

d’expériences et de soucis.

Pourtant c’est vrai

que ma foi se fait moins simple

mais plus tenace,

que mon espérance devient patiente,

et même que j’apprends à aimer.

C’est que tu grandis en mois, Seigneur,

doucement, patiemment, fermement,

en grandissant ta place

dans les méandres de mon être.

C’est vrai, je n’y pense pas toujours,

Mais je suis bien en train de ressusciter.

Amen.

Alain Arnoux, Livre de prières, Société Luthérienne des Missions, Éditions Olivétan, 2008, p.379.

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