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Temps de prière et de méditation pour le dimanche 25 avril 2020

Jésus proclame : « Je suis le bon berger. Mes brebis écoutent ma voix. Je les connais, et elles me suivent. Et je leur donne la vie éternelle. »

JEAN 10.11a, 27-28a

Préambule

Comme pour la semaine dernière, je vous propose un temps de prière et de méditation que je vous invite à vous approprier et à imprimer pour celles et ceux de votre entourage qui ne peuvent avoir accès à internet.

Écris en « je » pour les personnes seules, il est tout à fait possible de dire les choses en nous si on est à plusieurs ou de laisser le texte tel quel.

Pour celles et ceux qui impriment le texte et ne peuvent écouter les temps musicaux, vous pouvez aisément prendre n’importe quelle musique qui vous fait du bien.

Je vous souhaite un bon temps de prière et de méditation.

Fraternellement

Benjamin Buchholz.

Ouverture

Seigneur,

Voilà qu’une semaine s’est écoulée, et une autre semaine s’annonce. Pourtant, les jours et les semaines se ressemblent trop. Les informations journalières semblent se répéter sans qu’on en voie le bout pointer. Oui Seigneur, j’ai besoin de nouveauté. J’ai besoin de changement. De voir un horizon plus joyeux se dessiner. De respirer un autre air. De sortir de cet enfermement généralisé. Mais je sais aussi que ce n’est pas pour tout de suite. Qu’il me faut encore tenir bon et tu sais combien c’est difficile !

Chaque jour, tu te proposes d’être ce soutien invisible qui ne m’abandonne jamais. Cette porte ouverte vers l’espérance et ce don gratuit d’amour sans limites, pour moi et mes proches, pour chaque être humain.

Donne-moi durant ce temps de prière et de méditation de ressentir encore plus fortement ta présence et ton amour. Donne-moi le bonheur et la joie de ressentir ton Esprit se déposer sur moi. Donne-moi de vivre ce temps en vérité, avec toi, avec celles et ceux que j’aime, avec tous ceux qui te prient de près ou de loin.

C’est en ton nom que je te prie.

Amen.

Musique, silence ou chant

Louer avec le Psaume 23

Il est bon pour moi de me rappeler que tu es présent dans l’histoire de l’être humain depuis toujours. Que depuis des siècles, nombreux sont les femmes et les hommes qui t’ont prié et que tu n’as jamais abandonné. Oui moi-même, je suis un membre de cette grande famille de croyants. Donne-moi de pouvoir te louer comme d’autres l’ont fait avant moi. De te prier aussi fortement et avec autant de cœur que les témoins qui m’ont précédé. Avec ce magnifique Psaume, je veux te dire ou redire ma foi et mon espérance :

1[Psaume de David.]

Le Seigneur est mon berger,

je ne manquerai de rien.

2Il me met au repos sur de verts pâturages,

il me conduit au calme près de l’eau.

3Il me fait revivre !

Il me guide sur la bonne voie,

car il est fidèle à lui-même.

4Même si je marche dans la vallée de l’ombre et de la mort,

je ne redoute aucun mal, Seigneur, car tu m’accompagnes.

Tu me conduis, tu me défends, voilà ce qui me rassure.

5Face à ceux qui me veulent du mal,

tu prépares un banquet pour moi.

Tu m’accueilles en versant sur ma tête de l’huile parfumée.

Tu remplis ma coupe, elle déborde.

6Oui, le bonheur et la grâce

m’accompagneront tous les jours de ma vie !

Seigneur, je reviendrai dans ta maison

aussi longtemps que je vivrai.

Amen.

Prier pour déposer et recevoir

Seigneur,

Comment ne pas se sentir seul et isolé ? Comment ne pas souffrir de l’enfermement ? Comment retrouver la confiance et l’espérance ? Comment ne pas céder à l’amertume ?

Tu connais mes doutes, mes angoisses, mes colères. Et malgré cela, tu me rappelles que je suis ton enfant. Que je suis une brebis tout aussi importante qu’une autre et que tu aimes pleinement et sans limites. Oui, que ton amour ne me quitte jamais.

Toutefois, et tu le sais, il m’est difficile de reconnaître tout ceci et plus particulièrement en ce moment. Il m’est difficile, avec mon amour et mon espérance limitée, d’accepter ou de ne pas oublier ton amour illimité pour chaque être humain.

Faute à tout ce qui s’agite en moi. Bonnes ou mauvaises, il y a bien des choses qui m’étouffent et qui me font perdre pied, qui me font oublier ta présence, qui me font oublier ton espérance. Tout ceci, je veux te le dire dans le secret de mon cœur.

Temps de silence

Merci, Seigneur, de m’écouter dans ce que j’ai de bon ou mauvais. Merci de ne pas me juger. Merci de me répéter inlassablement ton amour et de m’accepter tel que je suis. Oui cette parole d’Esaïe est vraie pour moi et tout être humain : Car moi, le Seigneur, je suis ton Dieu, je tiens fermement ta main droite, je te répète : « N’aie pas peur, j’arrive à ton secours. » (Esaïe 41,13)

Amen.

Musique, silence ou chant

Méditation

1 Pierre 2, 21 à 25

21C’est à cela qu’il vous a appelés, car Christ lui-même a souffert pour vous ; il vous a laissé un modèle, afin que vous suiviez ses traces. 22Il n’a pas commis de péché ; aucune parole de ruse n’est jamais sortie de sa bouche. 23Quand on l’a insulté, il n’a pas répondu par l’insulte ; quand on l’a fait souffrir, il n’a menacé personne, il s’en est remis à Dieu qui juge avec justice. 24Il a porté lui-même nos péchés, dans son propre corps, sur la croix, afin que, morts aux péchés, nous vivions une vie conforme à sa volonté. C’est par ses blessures que vous avez été guéris. 25Car vous étiez comme des moutons égarés, mais maintenant vous avez été ramenés à celui qui est votre berger et qui veille sur vous.

Voyage… Voyage…

En cette période de confinement, beaucoup se mettent à rêver de voyages. Découvrir le monde, sortir de chez soi pour explorer des lieux nouveaux. Prendre l’avion et aller loin, se dégourdir les jambes dans un pays voisin, ou même découvrir les beaux lieux de notre pays. Oui, sortir et reprendre le chemin de la vie. Est-ce une véritable envie de voyage ou bien juste la frustration qui parle ?

Si des projets de voyage fusent dans votre esprit et votre imagination, j’aimerai vous parler d’une destination fantastique qui vous mettra forcément l’eau à la bouche ! C’est un endroit quasiment magique tant il est capable de faire naître le meilleur comme le pire. Mais où il est véritablement possible de suivre le chemin du Christ ! Ce à quoi nous sommes appelés en qualité de chrétiens.

Cet endroit magique offre un point de vue extraordinaire sur la vie. Il permet de reprendre un peu de recul et questionner la réalité du monde. De voir l’être humain tel qu’il est dans son entièreté. C’est aussi un véritable espace de liberté où on peut se ressourcer, reprendre ses forces et découvrir combien la vie est belle. Il peut également être un lieu de recueillement comme il y en a peu, sans parler de la vue qui est véritablement à couper le souffle tant les décors peuvent être beaux et variés.

Cet endroit, tenez-vous bien, n’est autre que votre canapé ! Oui, ce lieu magique et incroyable aux mille paysages, c’est le canapé ou le fauteuil de votre salon !

Alors, je vous entends déjà penser… En quoi le canapé est-il si fantastique ? Au contraire, avec le confinement, on rêve justement d’en sortir. Est-ce donc de l’ironie ? Un trait d’esprit ? Une plaisanterie ? Ou bien est-ce un symptôme inconnu du Covid-19 ?

Rien de tout cela et heureusement ! Et si l’idée vous est saugrenue, elle n’est pas si idiote que cela. Pour la bonne est simple raison, que sur le canapé ou le fauteuil, c’est chacun qui s’y retrouve. Ou pour le dire autrement, lorsque vous êtes assis sur votre canapé ou dans votre fauteuil, vous êtes véritablement au centre du monde. Et dit comme ça, vous ne me contredirez pas que la vue est pour le moins imprenable.

Pas si confortable que ça ?

Mais attention, le canapé est un lieu exigeant. Si les paysages peuvent être magnifiques, cela peut aussi être l’inverse. Et c’est là que nous rejoignons véritablement le texte qui nous est proposé de méditer, de suivre le chemin du Christ.

Dans mon canapé, quel regard je porte sur le monde et les autres ? Quelle attitude avoir face à ce que nous vivons ? Quel jugement je pose sur les autres ? C’est le paradoxe du canapé. Oui, dans mon canapé j’ai le pouvoir de juger ce que je vois avec un confort déconcertant. Et le confinement ne fait qu’exacerber cette dimension.

Mais ce que nous propose le Christ, c’est justement d’apprivoiser le canapé dans lequel nous sommes. De s’y reposer avec un autre regard. De faire de ce lieu malgré la contrainte actuelle, un lieu de grâce et non plus un lieu de jugement. C’est ce chemin-là qui nous est proposé et c’est un véritable défi. Ou pour le dire dans un langage plus théologique, faire du canapé un lieu de conversion.

Et pour cela, le Christ se propose d’être la paire de lunettes pour changer notre point de vue depuis le canapé. Oui, imiter le Christ, c’est laisser agir la conversion en soi-même. C’est bouleverser complètement la logique du monde et mes propres logiques internes qui viennent toutes seules. C’est avoir l’assurance que même un meuble aussi anodin qu’un canapé peut être le début du chemin avec Dieu. Et ça, malgré le confinement c’est possible. La question est évidemment : comment ?

Si nous reprenons le texte, on découvre combien Jésus a eu une attitude surréaliste pour chacun. Sa capacité à supporter les souffrances, son accueil inconditionnel et son amour pour les plus petits, sa résistance aux insultes, son chemin de croix qui l’amènera jusqu’à sa mort. Tout ceci a véritablement quelque chose de divin et d’extraordinaire à n’en point douter. Et le risque, c’est évidemment d’imaginer qu’il nous faudrait atteindre cette même perfection. Aisément, on voit tout de suite ce qui cloche.

Qu’est-ce qui se passe si je n’arrive pas à atteindre cette perfection ? Je devrais avoir confiance, ma foi devrait me suffire à surmonter les épreuves… J’ai un super canapé ou fauteuil et pourtant je ne m’y sens pas à l’aise.

Les filets du piège sont bien tendus et on risque de s’y faire prendre rapidement si on oublie tout simplement ce qu’on appelle la grâce. Car sans cette grâce, la conversion n’est justement pas possible. Sans cette grâce, je ne peux pas être bien dans mon canapé. Sans cette grâce, je suis enfermé par mes peurs et mes jugements.

Premier jour du grand voyage

Le défi est grand. Et il peut paraître insurmontable. Et je ne vous rassurerais pas en disant que ce défi est bien trop grand pour nos petites épaules. C’est un fait indubitable. Mais ce n’est pas pour autant grave, car ce défi n’est pas le nôtre. Ce combat n’est pas le nôtre non plus. Et d’ailleurs, il n’existe même plus. Un dimanche matin il y a bien longtemps, Jésus a remporté la bataille pour nous. C’est l’événement de Pâques. Il a surmonté le péché et le jugement des hommes, preuve de l’amour inconditionnel de Dieu.

Ou pour le dire encore autrement, Dieu veut être pour chacun de nous, que nous soyons bien dans notre canapé. Alors, toujours pas convaincu que le canapé est un lieu magnifique ?

Amen.

Musique, silence ou chant

Prière d’intercession et Notre Père

Seigneur, tu me demandes de te suivre à travers tout ce que je vis. Tu ouvres une porte et trace un chemin quelles que soient les situations. Tu es mon bon berger et tu me conduis par amour. Oui, je te prie de me montrer le chemin de ma vie et de faire naître en moi la confiance, que je suis dans ta main !

Je te prie pour notre monde que tu as tant aimé et pour lequel tu as donné ta vie. Inspire à nos dirigeants une société plus juste et plus humaine. Guéris-la de toutes ses blessures ! Que les élans de solidarité demeurent après la crise.

Je te prie pour tous ceux qui subissent durement l’épreuve que nous traversons.

Je pense plus particulièrement au personnel hospitalier qui se bat sans relâche. Aux pompiers qui sont toujours sur le terrain. À tous ceux qui continuent de travailler malgré l’angoisse et la peur parce que leur travail est indispensable, comme les caissières et caissiers de supermarchés, les agents de la fonction publique qui continuent la mission qui leur a été donnée. Tous ceux que nous oublions bien souvent et que j’oublie même présentement.

Je te prie aussi pour tous ceux qui sont au chômage, tous ceux qui craignent pour leurs entreprises et qui sont dans l’angoisse de ne jamais se relever économiquement.

Je te prie pour tous ceux qui en plus de devoir s’occuper d’eux-mêmes, doivent aussi prendre soin des plus fragiles, comme les personnes handicapées, les personnes âgées, les malades chroniques. Qu’ils puissent toujours compter sur quelqu’un et sur toi.

Je te prie pour l’Église, pour le troupeau qui doit se rassembler en communion malgré la distance et garder la foi envers et contre tout. Je te prie tous ceux qui sont à son service.

Je te prie pour tous ceux qui vivent actuellement le deuil et qui ne peuvent se rassembler ensemble pour pleurer. Qu’ils ne se sentent pas abandonnés par toi.

Je te prie aussi pour mes proches, ma famille, mes amis. Dans le silence, je veux me rappeler tous les visages de celles et ceux que je veux porter dans ma prière…

Temps de silence

Et comme ton enfant, je veux te prier comme Jésus-Christ me l’a enseigné en te disant :

Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.

Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles.

Amen

Bénédiction

Seigneur, je te demande d’avancer dans la JOIE, d’aimer la LUMIÈRE,

de voir la ROUTE plutôt que les obstacles.

Je te demande de nous aider à dire oui à ton appel,

Toi qui es béni pour les siècles des siècles.

Amen