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Temps de prière et de méditation pour le dimanche 19 avril 2020

« Bénissons Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Dans sa grande bonté, il nous a fait naître à une vie nouvelle, en ressuscitant Jésus Christ d’entre les morts. »

1 Pierre 1, 3

Chers amies et amis,

On le sait, rien ne remplace un culte vécu en communauté et ensemble physiquement. Mais à l’heure actuelle, nous ne savons pas quand cela sera possible à nouveau. Je vous propose donc un temps de méditation de partage et de prières sous la forme la plus basique : le texte ! J’ai volontairement choisi de le faire ainsi et de ne pas me lancer dans la réalisation d’une vidéo ou de quelque chose de trop numérique pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, car les offres sur internet existent déjà un peu partout et elles sont nombreuses. Vous trouverez déjà quelques pistes sur notre site internet. Ensuite, les cultes sur Présence Protestante à la télévision sont en général tous de qualité et il y a un certain confort à être tranquillement sur son canapé. Mais surtout, j’ai envisagé ce temps de méditation pour qu’il soit imprimable afin que ceux qui le souhaitent puissent le transmettre aux aînés qui n’ont pas internet. Il y a bien quelques éléments multimédias dans l’article, notamment les moments musicaux, mais qui peuvent aisément être remplacés par un temps de silence ou une simple musique qui vous plaira. J’ai par ailleurs essayé de dire ce moment en « je » pour que chacun puisse se l’approprier et prolonger pour soi chaque moment de prière surtout si on est seul chez soi. Il est tout à fait possible de garder le « je » même si on est à plusieurs ou de transformer la parole en « nous ».

J’espère que vous y trouverez une parole ou un moment de réconfort.

Fraternellement

Benjamin Buchholz

Ouverture

Seigneur,

Tu as dit que là où deux ou trois sont réunis en ton nom, tu es avec chacun. En cet instant, je me sens seul, que ce soit physiquement ou moralement. Il est bien difficile de ressentir ta présence face au tumulte que nous vivons actuellement. Dans le silence paradoxal du confinement, il y a tant de bruit et d’angoisses. Mais tu me l’assures, même si je ne le ressens pas, même si je ne le comprends pas, tu es auprès de moi et de chacun. C’est dans cette confiance que je peux vivre ce temps de prière, me remettre à toi et déposer ce qui me pèse, ce qui me dépasse. Merci de m’entourer de ta présence d’amour aujourd’hui et tous les jours.

Amen.

Musique, silence ou chant.

Prier pour louer

Comment te dire merci et te louer aujourd’hui ? Il y a tant de raisons de ne pas le faire. Et pourtant, c’est essentiel.

Oui, c’est essentiel, car te louer c’est regarder le monde autrement. C’est reconnaître tout ce que tu fais pour moi et le monde et que j’ai tendance à oublier.

Je veux donc malgré tout tenter de te dire merci.

Merci d’être toujours présent à mes côtés dans les épreuves comme dans les joies, de ne pas m’abandonner à ma solitude à mes deuils. Oui, merci pour ta présence discrète jusque-là même si j’ai eu des moments de doutes. Merci aussi pour les moments où le poids des épreuves semble parfois plus léger, où j’arrive à oublier mes soucis le temps d’un instant. Merci de me donner d’observer tous ces endroits où la fraternité renaît, les actions que je découvre çà et là pour affronter la difficulté actuelle. Merci pour les liens qui ne sont pas brisés malgré la distance. Merci pour cette lumière qui pénètre par mes fenêtres et éclaire mon quotidien.

Merci aussi de me rappeler la fragilité de la vie et combien elle est précieuse. Que ce soit la mienne ou celle des autres. Oui, dans tous ces mercis et il y en a bien d’autres encore, tu es là.

Amen.

Prier pour déposer

Seigneur,

Tu le sais, tout est loin d’être rose. Il y a bien des choses qui me pèsent et qui m’étouffent même si je ne semble pas le montrer. Même si je fais tout pour ne pas me laisser déborder, pour moi-même et pour les autres.
Mais à toi, je n’ai rien à cacher. Si je peux te dire merci, c’est que tu acceptes tout de moi grâce à ton amour qui n’a pas de limite.

C’est pourquoi, après t’avoir dit merci, je peux aussi déposer en toi mes limites, mes difficultés, mes angoisses.

Oui, tu le sais j’ai besoin d’être porté en ce temps si particuliers. Bien que ton amour est fort, le mien paraît fragile. Toujours bousculé par les épreuves. Toutes ces épreuves qui me touchent et que tu connais pleinement. Accueille mes doutes et mes peurs. Porte-les avec moi. Dans le silence, je veux te dire tout ce que j’ai besoin des déposer ici et maintenant.

Temps de silence

Merci Seigneur pour ton accueil et ton amour et de me rappeler cette parole d’Esaïe qui toujours et encore vraie pour moi : Quand les montagnes s’ébranleraient, quand les collines chancelleraient, ma bienveillance pour toi ne sera pas ébranlée, et mon alliance de paix ne chancellera pas, dit le Seigneur, qui a compassion de toi. (Esaïe 54/10)

Amen.

Musique, silence ou chant.

Méditation

Jean 20, 19 à 29

19Le soir de ce même dimanche, les disciples étaient réunis dans une maison. Ils en avaient fermé les portes à clé, car ils craignaient les autorités juives. Jésus vint et, debout au milieu d’eux, il leur dit : « La paix soit avec vous ! » 20Après ces mots, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. 21Jésus répéta : « La paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » 22Après cette parole, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit saint ! 23Ceux à qui vous pardonnerez les péchés seront pardonnés ; ceux à qui vous refuserez le pardon ne l’obtiendront pas. »

24Or, Thomas, l’un des douze disciples, surnommé « le jumeau », n’était pas avec eux quand Jésus vint. 25Les autres disciples lui racontèrent : « Nous avons vu le Seigneur. » Mais Thomas répliqua : « Si je ne vois pas la marque des clous dans ses mains, et si je ne mets pas mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, non, je ne croirai pas. »

26Une semaine plus tard, les disciples de Jésus étaient de nouveau réunis dans la maison, et Thomas était avec eux. Alors que les portes étaient fermées à clé, Jésus vient, et debout au milieu d’eux, il dit : « La paix soit avec vous ! » 27Puis il s’adresse à Thomas : « Mets ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté. Ne refuse plus de croire, deviens un homme de foi ! » 28Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » 29Jésus reprit : « C’est parce que tu m’as vu que tu as cru ? Heureuses sont les personnes qui n’ont pas vu et qui croient ! »

Encore une histoire de confinement ?

Décidément, on n’en finit plus avec le confinement ! Si la Bible s’y met aussi, on est en droit de se demander s’il y a vraiment une sortie possible à la crise que nous vivons actuellement !

Regardons de plus près le texte de l’Évangile de ce dimanche. Les disciples sont confinés dans une maison un dimanche soir. Non par peur du Covid-19, mais par peur des autorités locales qui aimeraient bien les accrocher à une croix. La peur de mourir, de se faire attraper est bien présente. L’extérieur est donc dangereux.

Ceux qui ont fait l’expérience d’une sortie de chez pour faire des courses alimentaires, pour travailler ou même simplement prendre l’air, le disent tous : l’ambiance et l’atmosphère sont bizarres. Il plane comme l’ombre de ce fameux virus telle une menace, mais invisible. Est-ce que mon voisin est porteur du virus ? Va-t-il me contaminer ?

Les disciples devaient avoir cette même peur. Est-ce que mon voisin va me dénoncer aux autorités ? Un peu la même réalité que nos anciens ont connu durant la Seconde Guerre Mondiale, mais aussi lors du génocide au Rwanda. Mon voisin peut être celui qui me condamnera…

Tout naturellement vient alors la peur, la méfiance, l’angoisse.

Le seul remède est alors de nous vacciner contre la méfiance, en nous inoculant une double-dose de la confiance. Retrouver espoir en une sortie possible. Relativiser ce danger de mort et retrouver la confiance en la vie. C’est tout le sens de cette apparition de Jésus aux disciples qui se présente comme la preuve de sa Résurrection qui signifie que les crucificateurs et la croix n’auront pas le dernier mot.

Où sont les masques ?

Mais, car il y a toujours un mais, le doute est toujours là. Ce sentiment, qui peut importe son importance ou sa grandeur, vient frapper de plein fouet tous les élans de confiance peu assurés.

En cette période de confinement, je ne peux pas m’empêcher de voir des liens avec la suite de notre histoire. Et c’est Thomas, le disciple qui ne croit que ce qu’il voit qui illustre au mieux toute la tension que nous pouvons vivre actuellement.

Lui, n’a pas vu Jésus avec les autres disciples. Il était confiné ailleurs. Et les belles paroles de ces amis ne peuvent le convaincre.

Je vois ici, dans l’attitude de Thomas quelque chose à laquelle nous sommes tous confrontés aujourd’hui. Depuis des semaines, la question est sur toutes les lèvres : où sont les masques ? Où sont les tests ? Les médias en parlent continuellement et le manque de ceux-ci ne fait qu’augmenter l’incertitude. Oui, je vois bien Thomas dire à ses amis disciples : « vous me parlez des masques, mais moi, tant que je ne les ai pas vus, je n’y crois pas ! »

Si aujourd’hui, c’est la question de ces masques qui fait débat, ce même doute existe pour bien d’autres choses encore. Que l’ont parle de climat, d’économie, de sécurité sanitaire, il faut dire ce qui est : les promesses semblent rester que de belles promesses.

Et puis dans la vie de tous les jours, le mécanisme est le même. Mon employeur me promet que je ne serais pas au chômage ? Est-ce que mon couple tiendra ? Est-ce que je ne vais pas tomber malade ? Le doute est toujours présent. Est-ce que la Résurrection existe ?

Thomas aura la chance d’en avoir la preuve. Il rencontrera le Ressuscité et aura même l’occasion de toucher les plaies de Jésus ! Tant mieux pour lui, mais ce n’est très clairement pas le cas pour nous. Il nous manque toujours les preuves que les masques arrivent ! Il nous manque toujours les preuves que la Résurrection existe !

Et comme nous sommes tenus à la distanciation sociale, nous ne pourrions même pas toucher les plaies de Jésus !

La livraison est en court !

29Jésus reprit : « C’est parce que tu m’as vu que tu as cru ? Heureuses sont les personnes qui n’ont pas vu et qui croient ! »

Cette remarque de Jésus fait tout son sens pour chacun de nous aujourd’hui. Elle dit la réalité du monde et surtout de la foi. Elle dit ce besoin que chacun a d’être rassuré, d’avoir des preuves concrètes et ce pour n’importe quelle réalité de notre existence. C’est la tension entre les attentes et leurs réalisations.

Seulement, cette tension est tout simplement ingérable. Elle ne peut être maîtrisée, car tout simplement, nous n’avons pas les réponses. Elles ne nous appartiennent pas.

Et ce que dit Jésus, d’une certaine manière, c’est que si la question provoque du doute ou de la souffrance, c’est qu’elle ne sert à rien. La foi n’a pas les réponses à tout, mais elle questionne l’utilité des questions !

Quand vais-je mourir ? Est-ce que mon avenir est assuré d’être heureux ? Est-ce que je vais retrouver une vie normale après le confinement ? Est-ce que l’économie va s’en remettre ? Et on pourrait continuer la liste pendant longtemps et chacun aura ses questions à y mettre. Mais dans le fond, est-ce que ces questions sans réponses ne sont-elles pas d’autant plus génératrices de doute et d’angoisse ?

Jésus le dit et y accorde beaucoup d’importance : heureux celui qui croit sans voir. Il ne s’agit pas de se rendre aveugle et de faire comme si tout allait bien, mais simplement de vivre pleinement le présent au lieu de spéculer l’avenir qui de toute manière ne nous appartient pas.

Oui, retrouver la confiance ce n’est pas abandonner l’avenir, mais vivre le présent avec le peu de sérénité que l’on peut posséder. C’est regarder différemment le monde et son quotidien. C’est repérer toutes les petites traces d’espoir, d’amour et d’espérance. Affûter son regard pour additionner tout cela, et au final il y en a beaucoup !

Le confinement restera dur, long, difficile et éprouvant. C’est la réalité d’aujourd’hui. Mais il est pour nous qui croyons deux sources d’espérance :

  • Avec Dieu, nous ne sommes pas tenus à la distanciation sociale. Nous pouvons l’approcher et continuer de l’approcher au plus près, avec ou sans masque.
  • Le seul virus qu’il pourrait nous transmettre est déjà en germe chez nous : la Résurrection et l’amour de Dieu.

La question n’est plus alors quand le confinement prendra fin vraiment, mais peut-être plutôt jusqu’à quand et où je confinerai l’amour de Dieu ?

Amen.                         

Musique, silence ou chant.

Prière d’intercession (Pasteur Céline Sauvage, Mulhouse)

Seigneur, toi qui es notre Dieu et notre Père, en Jésus-Christ tu es venu habiter notre terre.

Dans l’Evangile, nous lisons que tu as guéri le paralysé qui était porté par quatre amis. Je te prie pour ceux qui sont malades et alités, pour ceux qui ont peur de l’avenir, dont l’espérance est blessée.

En Jésus christ, Tu es allé à la rencontre de Marthe et de Marie dans leur deuil. Je te prie pour ceux qui ont perdu un être aimé, qui se battent contre le vertige du silence et de l’absence. Je te prie pour toutes ces familles touchées par le deuil en ce moment d’épidémie et qui ne peuvent le vivre comme elles l’auraient voulu.

En Jésus christ, Seigneur, Tu as parlé à la veuve de Naïn qui avait perdu son fils unique. Je te prie pour ceux qui sont seuls, qui n’ont personne pour partager leurs joies, leurs peines, leurs rires et leurs questions.

En Jésus-Christ, Tu as été adopté par Joseph, tu as donné du souci à tes parents, tu as confié Marie à ton disciple. Je te prie pour les familles, pour qu’elles soient des espaces de parole et de vie, des refuges où chacun se découvre inconditionnellement aimé.

En Jésus-Christ, Tu as lavé les pieds de tes disciples rassemblés pour ton dernier repas. Je te prie pour ceux qui se mettent au service des autres, qui ont le courage de s’agenouiller devant leur prochain.

En Jésus-Christ, Tu as multiplié les pains pour la foule venue t’écouter. Je te prie pour ceux qui ont faim et pour ceux qui luttent contre la faim, qui réparent, soignent et tendent la main. Tu as dis à tes disciples que c’est à l’amour qu’ils auront les uns pour les autres qu’ils seront reconnus comme tes disciples. Je te prie pour l’Eglise de Jésus-Christ, qu’elle qu’en soit sa forme, catholique, protestante, évangélique et pour ceux qui te suivent, pour que l’amour soit la motivation de toutes nos

actions.

Et comme Jésus-Christ l’a enseigné à ses disciples, nous disons…

Notre Père, qui es aux cieux,

que ton nom soit sanctifié,

que ton règne vienne,

que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

Pardonne-nous nos offenses,

comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.

Et ne nous laisse pas entrer en tentation

mais délivre-nous du Mal

car c’est à toi qu’appartiennent le règne,

la puissance et la

gloire, pour les siècles des siècles.

Amen

Bénédiction

Donne-moi pour moi et mes proches de vivre de ton amour pour les jours et semaines à venir. Que ton amour me conduise et me garde.

Amen.